Cessons de combattre la dépression et donnons une chance à la paix mentale

par

Combattre la dépression

Ma dépression squatte ma vie.
Elle a commencé à s’accrocher à mon dos pour que je ne mette plus le nez dehors. Puis, pour que je ne travaille plus. Puis, pour que je ne me brosse plus les dents. Elle dort maintenant sur ma couette pour m’empêcher de sortir du lit. 
Je me bats depuis des mois. Depuis des années. Mais aucune arme n’est efficace.
Je me bats mais je suis fatigué·e. Je suis à bout. Je n’ai plus de forces.

Comment continuer à combattre la dépression quand il n’y a plus que des idées noires ?
Quelle autre voie s’offre à nous ?

Faut-il combattre la dépression ?

 

Pourquoi sommes-nous en bataille contre la dépression ?

Parce que cette maladie est un problème mondial.
Selon l’OMS c’est la première cause d’incapacité dans le monde. En 2015, elle touchait 322 millions de personnes dans le monde. 2 949 572 en France. 1 566 903 au Canada. 502 075 en Belgique. 26 350 au Luxembourg.

Et on imagine bien que les chiffres ne s’améliorent pas dans le contexte pandémique et morose de 2021.

Nous nous battons contre la dépression parce qu’elle est dangereuse. Au point que même le suicide semble une option possible pour y échapper.

Mais est-ce que la violence est une solution face à l’ennemie ? Les rébellions non-violentes ne sont-elles pas plus efficaces ? La guerre ne crée-t-elle pas plus de peurs et de souffrances que de libertés ?
Alors comment se libérer de cette maladie dans la non-violence ?

Premier pas vers la paix mentale : changer de vocabulaire

 

Si l’on ignore sa maladie, elle empire. Si l’on violente sa dépression, on se porte soi-même des coups.
J’ai pris des anti-dépresseurs (des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Mon cerveau était un champ de bataille. Résultat : j’ai rechuté.
Je partage cet épisode sombre de ma vie car je crois que plus les gens en parleront ouvertement, plus celles et ceux qui en souffrent iront chercher de l’aide sans honte, ni crainte, ni culpabilité.

En dépression, on peut ressentir un fort sentiment de culpabilité sans savoir pourquoi.
Quand une personne de notre entourage tente avec bienveillance de nous encourager avec des “ressaisis-toi” ou “fais un effort”, le sentiment de culpabilité s’en retrouve décuplé. On se dit que l’on est vraiment naze d’être incapable de faire ce petit effort. On est un boulet pour ceux qui nous entourent.

Notre perception des évènements dans la vie a plus d’impact sur nous que les évènements eux-même.
Les mots ont un fort pouvoir. C’est en commençant par changer mon vocabulaire que je réussis à changer mon mode de pensée.
Je ne suis ni naze ni boulet si je suis dépressif ou dépressive. Je suis souffrant·e, je souffre de cette maladie.
Alors au lieu de combattre la dépression, SOIGNONS-la ! Au lieu de la voir comme une ennemie, faisons ALLIANCE avec elle !

Oui mais comment ? En cherchant à la comprendre. 

Deuxième pas : comprendre la théorie polyvagale

 

Pour comprendre la dépression, intéressons-nous d’abord au système nerveux.

Selon la théorie polyvagale de Stephen Porges, notre système nerveux autonome serait divisé en trois branches :

    • Le système nerveux parasympathique ventral — le mode Rest and Digest (Se reposer et Digérer). Il s’active en l’absence de stress : le rythme cardiaque ralentit ou si besoin la digestion est privilégiée.
    • Le système nerveux sympathique — le mode Fight or Flight (Combattre ou Fuir). Sous stress, le corps se prépare à agir pour se sortir de situations dangereuses : le rythme cardiaque s’accélère, la sueur arrive, les pupilles se dilatent… Le stress est notre ami pour survivre !
    • Le système nerveux parasympathique dorsal — le mode Freeze or Faint (Faire le mort ou S’évanouir). Il s’active face à un danger insurmontable : le corps nous protège en immobilisant les muscles ou en créant un évanouissement.

Souvent la dépression c’est un Freeze qui perdure. Le corps sonne le signal d’alarme : “Là, c’est TROP ! J’arrête la machine”.
Une apathie s’installe. Une léthargie du corps conjuguée à une sensation de vide en soi. 

Quel danger insurmontable peut nous faire sombrer dans la dépression ?
C’est là où réside tout le problème ! Tant que l’on a pas identifié les causes profondes, la dépression refera surface de manière chronique.
Il faut comprendre pour pouvoir agir et changer ce qui génère le mal-être profond.

Troisième pas : écouter sa dépression

 

Il y a des raisons évidentes à certaines dépressions : un deuil, une rupture, un traumatisme…
Et parfois, on ne voit aucune raison valable pour être dans cet état. J’ai tout pour être heureux ou heureuse et pourtant…

Et pourtant ! Si la dépression pointe son nez, peut-on simplement accuser un déséquilibre chimique cérébral ? Pourquoi l’équilibre s’est perdu ?
N’y a-t-il pas quelque chose de profondément enfoui en nous qui souhaiterait s’exprimer ? 

Pour nous aider, les professionnels de la psychologie sont évidemment les mieux formés — et il serait négligeant de ma part de ne pas le rappeler.

J’ai expérimenté des méthodes alternatives complémentaires.
Aujourd’hui je partage avec toi ce qui a marché pour moi. Voici mon super combo : Yoga + méditation + écriture expressive.
Dans cet ordre.

    • D’abord le Yoga permet d’activer le système nerveux parasympathique ventral (Rest and Digest).
    • Ensuite la méditation apporte la clarté et le recul nécessaire pour accepter la dépression et commencer à l’écouter.
    • Puis l’écriture expressive (aussi appelée “journal-thérapie” ou “journaling”) — au travers d’exercices répondant à des consignes précises — aide à prendre conscience des causes de la maladie et à trouver des solutions pour guérir.

Si ces trois pratiques sont nouvelles pour toi, j’ai créé un programme en ligne pour te guider.

J’espère que mon témoignage va t’inspirer à essayer des méthodes non-violentes pour retrouver la paix mentale.

War Is Over: Cessons de combattre la dépression

La dépression est une maladie grave est sera toujours gagnante si l’on entame une guerre contre elle.
Il est difficile de l’accepter pour écouter ce qu’elle a à dire. Mais il est important de le faire pour s’en sortir et ne pas rechuter toute sa vie.
Je te propose ci-contre un haïku incitant à méditer pour mieux écouter.

J’ai écrit cet article en écoutant John Lennon et Yoko Ono chanter Give Peace a Chance et en me remémorant leur WAR IS OVER (la guerre est finie).
Cela m’a inspiré le titre de mon article : Cessons de combattre la dépression et donnons une chance à la paix mentale.
Signons enfin cet accord de paix.

Une colombe passe…

Alors ? Tu signes ?

Posture du Lotus, J'écoute ma dépression, M'ordonner la vie
Des questions ? Des précisions à apporter ?

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méditation et Yoga pour la force mentale